Le jour où tu es né

Je n’aime pas dire que j’ai des passions, j’ai l’impression que ce mot est trop intense pour moi et que je suis plutôt modérée en toute chose. Je suis une balance après tout. Aah mais ça, ça n’a rien à voir!

Disons que j’ai trois types de langage que j’affectionne particulièrement. Les arts visuels (le dessin, la calligraphie, la peinture), la musique (écouter et en jouer) et l’écriture.

Dans ce billet, je vous partage un poème qui m’est venu en tête à l’approche du troisième anniversaire de notre petit garçon. Cela fait très longtemps que je n’ai pas écris de poésie, je suis légèrement rouillée. Cependant, malgré les embûches techniques que je rencontre cela demeure un exercice que j’adore.

Dans la poésie, j’aime spécialement le sonnet. Bien que je n’ose dire que j’en écris, je tente de répondre aux principaux critères qui le représentent. Il s’agit de quatorze vers dont leur longueur n’est pas forcément fixe, divisés en deux quatrins et deux tercets et dont les rimes varient selon l’origine. Personnellement, j’utilise la disposition des rimes de Marot soit ABBA ABBA CCD EED. De plus, j’ai un petit penchant pour Ronsard et donc je privilégie les alexandrins pour la composition des vers.

Toutefois, je n’écris pas tous mes sonnets avec l’alternance de rimes féminines et masculines, tel que ce poète le fait puisque c’est une sérieuse difficulté supplémentaire. Enfin, pour le poème ci-bas, j’ai tenté l’expérience pour ce qui est de la forme du sonnet de Ronsard, mais pour ce qui est de la présentation du contenu voire du sens, soit l’opposition des quatrins et des tercets, j’en suis à des lustres de réussir un tel tour de force.

Le jour où tu es né

J’ai les yeux grands ouverts ou bien fermés serrés,
Tout s’est passé si vite, de rien je ne suis sûre.
Tant de lumière ici, puis soudain la brûlure,
S’en suit une douleur et un chagrin murés.

J’ai froid et je grelotte. Mon corps se fait brasser.
Couchée et dénudée derrière cette tenture,
D’une clarté glaciale avec ses bleues rayures.
Au-delà de ce mur, que s’est-il bien passé?

On me chuchote des mots, qu’à peine je reconnais,
Puis sous mes yeux mi-clos soudain tu m’apparais,
Mon petit homme à moi que je ne peux toucher…

Que du bout de mes lèvres effrayées et heureuses.
Vais-je être à la hauteur après cette houleuse
Arrivée dans ce monde, le jour où tu es né?

Flou HôpitalJe m’étais dit jadis que je devais prendre le temps d’écrire ce que j’avais vécu avec le plus de détails possibles. Ce fût un long dénouement car les dernières semaines de cette troisième grossesse ont été très éprouvantes pour moi ainsi que pour ma petite famille. Les jours suivants la naissance aussi n’ont pas été de tout repos. Enfin, ce petit texte ne relate que le point culminant qui n’a duré que quelques minutes et qui pourtant m’ont paru être une éternité.

 

Note: Image modifiée à partir de de la photo créée par Mrsiraphol – Freepik.com

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