Saskia Thuot veut faire bouger les choses

Dernièrement, sur le web et même dans les médias traditionnels, on a beaucoup parlé de la réaction de Saskia Thuot. Pour ceux qui ne sont pas au courant, cette animatrice, reconnue entre autres pour l’émission Décor ta vie, aurait répondu à un commentaire négatif sur son apparence physique et cela de manière plutôt émotive. Le dit commentaire à son égard se lisait comme suit : «Tu n’as pas maigri!».

L’animatrice active sur le web via son blogue sur le site de Canal vie et sa page Facebook a décidé de répondre à cette critique en mentionnant qu’elle n’en peut plus de ce genre de commentaire qu’elle juge blessants et dégradants. Évidemment, elle a reçu plusieurs commentaires de soutient et des milliers de «j’aime» sur son statut qui s’est avéré être un cri du coeur. Par la suite, elle s’est fait inviter à des émissions de radio et de télévision pour parler de cet événement qui semble visiblement beaucoup l’avoir perturbée ainsi que bon nombre de personnes sur les réseaux sociaux.

Petite parenthèse

Personnellement, j’ai dû mal à saisir comment une aussi belle femme comme Saskia Thuot, puisse se laisser affecter par des commentaires sur son apparence physique. Elle est d’une splendeur remarquable, d’autant plus qu’elle a une présence qui inspire le bonheur. Elle est un vrai cocktail de beauté et n’a rien à envier aux autres femmes. Mais bon, ce n’est que mon avis, il ne vaut peut-être pas grand-chose, en fait je crois qu’il semble valoir beaucoup moins que le commentaire de cette personne qui la jugeait plus sévèrement sur son aspect physique.

Fin de ma parenthèse

Émetteur – message – récepteur

J’ai beaucoup réfléchi dans ma vie sur la raison de mon existence, sur ma relation avec les autres, sur l’importance de devoir croire en moi et de m’apprécier telle que je suis. Je sais combien l’impact des paroles des autres peut faire des ravages chez quelqu’un, je l’ai vécu maintes fois. Cependant avec le temps, j’ai compris plusieurs choses dont une principalement, c’est le fait que tout message que l’on reçoit est interprété d’une manière ou d’une autre par le récepteur. L’émetteur peut envoyer un message avec les meilleures intentions du monde, au final, c’est le récepteur qui percevra le message et le décodera selon ses différents critères. En somme, le destinateur n’est pas le seul responsable des résultats engendrés par l’envoi de son message, le destinataire à sa part de responsabilité aussi.

Ferme ta gueule

Ceci étant écrit, cela me fait penser aux paroles de Patrick Huard dans son sketch d’autrefois, dans lequel il explique que si votre blonde vous demande si vous trouvez qu’elle a engraissé, même si elle vous dit qu’elle le sait et qu’elle l’accepte, le conseil de cet humoriste est : «Tu farmes ta yeule!»
Voilà pourquoi j’ai mentionné plus haut que le destinataire est responsable du message qu’il reçoit. Peu importe la nature d’un commentaire, il faut savoir prendre ce qui nous convient et laisser tomber ce qui ne nous convient pas.

Les femmes sont compliquées

Ceci tant dit, parlons maintenant des femmes un peu. C’est à mon avis, un phénomène bien connu, les femmes en grande majorité prennent un malin plaisir à s’autocritiquer. Elles s’autoexaminent à la loupe et sont des observatrices redoutables de leurs congénères. J’avoue qu’étant moi-même une femme avec un cerveau visiblement plus masculin (selon certains tests), j’ai beaucoup de mal à saisir leur, ou disons honnêtement notre, comportement.

Je vous partage une vidéo pour vous illustrer combien les femmes peuvent être parfois compliquées et incohérentes. Elles cherchent la reconnaissance voire l’admiration des autres et lorsqu’elles l’ont obtenue, elles se sentent tout aussi mal dans leur peau que si elles n’avaient rien reçu ou qu’elles avaient reçu un char de…

Pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, disons en quelques mots que ces femmes se complimentent l’une et l’autre et chaque fois elles se dénigrent elles-mêmes en rejetant catégoriquement le compliment qui leur a été fait. Hormis pour la dernière femme qui, suite à un compliment, répond simplement «merci». Les autres femmes évidemment acceptent mal que celle-ci ne s’apitoie pas sur son sort et mettent donc fin à leurs jours. Exagéré? À vous de voir. Moi, je trouve que c’est une belle caricature.

Faire bouger les choses?

Saskia Thuot souhaiterait faire bouger les choses en dénonçant ce genre de comportement où les gens émettent des commentaires dégradants tant sur le web qu’en face à face. Donc il ne faudrait plus accepter AUCUN commentaire blessant sur notre apparence. Je suis bien d’accord. Mais comment exactement? En légiférant? En passant son temps à mettre le poing sur la table à chaque fois que l’on se sent jugé? En dénonçant continuellement ce genre d’attitude? Ne donne-t-on pas trop d’importance à ceux qui adoptent ces comportements malveillants?

C’est d’ailleurs ce que font souvent les parents ou les éducateurs avec les enfants. Lorsqu’un enfant fait du mal à un autre, on réprimandera celui qui a fait le mal en lui donnant toute l’attention qu’au fond il désire. Alors qu’il faudrait s’occuper de l’enfant qui a été victime en ignorant l’autre tant et aussi longtemps que l’on n’a pas consolé l’enfant malheureux. Ensuite faire les démarches pour gérer la situation en conséquence avec l’enfant ayant mal agit. Cependant, toute notre société est basée sur le fait de blâmer et de condamner les gens ayant de mauvais comportements plutôt que de s’occuper davantage de ceux qui subissent ces mauvais traitements. D’ailleurs, notre système de justice en est un bel exemple.

Selon moi, afin d’anéantir les remarques déplacées et les commentaires de nature malveillante, ce n’est pas en montant sur ses grands chevaux que l’on obtiendra ce résultat. La meilleure solution, selon moi, c’est de laisser parler. De ne pas accorder d’importance à ce genre de commentaire.

Comme avec un chien nouvellement adopté qui jappe, si on lui dit de se taire, il va continuer, parce qu’il ne comprendra pas ce qu’on lui demande ou il comprendra que l’on souhaite communiquer avec lui. Mais si vous ne le regardez pas et que vous faites comme s’il n’était pas là et bien vous verrez qu’après quelques aboiements il se calmera et se couchera sur son coussin en se disant : «Ça ne donne rien que je jappe, il ne m’entend pas.»

Quand je lis les commentaires sur Facebook peu importe le sujet de discussion, c’est tout le contraire qui se produit. Aussitôt qu’une personne écrit une bêtise, il y a un autre individu qui réplique «Ton commentaire est franchement inutile!» «Si t’as rien de mieux à écrire, la prochaine fois retiens-toi d’écrire!» «T’es con!» «Tu es vraiment sans coeur!» Bref, tout pour donner raison d’être à ce soi-disant commentaire inutile!

Répondre du tac au tac ou être indifférent?

Quand j’étais jeune, j’ai été vraiment beaucoup taquinée et même carrément intimidée. J’étais disons la cible parfaite pour les jeunes qui voulaient m’embêter parce que je répliquais sur un ton exaspéré et j’adoptais cette attitude triste et affligée. Pour je ne sais trop quelle raison, les gens s’alimentent de ce genre de conduite et ça leur donne du carburant pour continuer à faire du mal. Et la roue tourne, tourne, tourne, jusqu’au jour où arrive un triste événement ou une prise de conscience.

Pour moi, ce sont les paroles de ma mère qui m’ont réveillé. Elle m’a dit un jour ceci : «Tu sais, tu as deux choix. Soit tu leur réponds du tac au tac avec des attaques aussi méchantes que les leurs et tu tombes alors de l’autre côté de la clôture en devenant aussi mesquine qu’eux. Soit tu ne réponds plus du tout et tu fais l’indifférente, comme s’ils n’existaient, comme si leurs paroles ne t’atteignaient pas.»

Je dois dire en toute franchise que j’ai été vraiment tenté par la première option. Mais je n’ai pas cette rapidité d’esprit pour trouver des insultes vraiment offensantes. Je suis visiblement de nature trop gentille et mon cerveau fait un blocage à ce niveau-là. Alors j’ai penché un peu malgré moi pour la deuxième option.

Savez-vous quoi? Et bien au bout de quelques temps, je n’étais plus la risée de mes compagnons de classe. Ils ont vu que je ne mordais pas à l’hameçon et qu’ils devaient se trouver un autre poisson. Et malheureusement des poissons, il y en a vraiment beaucoup.

On veut que ça bouge? On veut que ça change? Vous savez comment on peut y arriver? Je pense que c’est en arrêtant d’être des poissons!

Il faut donc commencer par se changer soi-même. En ne réagissant plus aux critiques que l’on prend pour des vérités et en n’accordant plus d’importance à ce que l’on ne juge pas important pour nous.

On veut changer le monde, ce n’est malheureusement pas en changeant les autres que nous allons y parvenir. C’est  plutôt en adoptant nous-mêmes de nouveaux comportements que l’on entraînera inconsciemment les gens qui nous côtoient dans une nouvelle manière d’être et d’agir entre humains.

On veut faire bouger les choses? Et bien aussi étrange que cela puisse paraître, parfois c’est en s’immobilisant que l’on crée une rupture dans l’élan du moment, pour ensuite se remettre en marche à un autre rythme et dans une nouvelle direction. C’est bien beau de toujours vouloir dénoncer, mais parfois en agissant ainsi on fait beaucoup de bruit pour rien et tout ce bruit n’est qu’en réalité une douce musique pour ceux qui en ont joué les premières notes.

Et si tout le monde on ignorait les commentaires déplaisants?

*****

Saskia, j’admire ton courage et ta volonté de vouloir changer les choses dans notre société moderne concernant cette obsession de la beauté basée sur des critères irréalistes. Plusieurs mouvements et entreprises font des campagnes en ce sens. Je dirais qu’il faut promouvoir le fait que l’on est tous différents et qu’il y a une beauté qui est propre à chacun.

Finalement, d’après moi, il faut cesser de pointer du doigt ceux qui portent des jugements pouvant être négatifs et plutôt pointer du doigt ceux qui font de bonnes actions qui vont dans le sens de nos croyances. Mieux encore, il faut avancer vers la destination que l’on souhaite, parce qu’on dit que les hommes ne suivront pas notre index, mais nos pas.

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