L’inspiration vient doucement et elle décampe soudainement

N'avez-vous jamais commencé à taper quelques mots au clavier de votre ordinateur et de les avoir immanquablement tous effacer avec la touche «retour arrière»? Effacer tous les mots sans exception, d'abord d'un geste lent et pesant puis graduellement en intensifiant la cadence d'un geste rapide et saccadée. C'est précisément ce qui s'est passé à plusieurs reprises ce soir. Voyez-vous, j'ai une terrible envie d'écrire, les sujets dans ma tête sont nombreux, mais j'ai l'impression qu'ils sont tous également très fastidieux voire pernicieux. Le genre de sujet qui causent trop de remous, le genre de sujet qui me font inévitablement réfléchir à un point tel que je finis par me noyer dans mes plus profondes pensées.

En faite, j'ai presque l'impression que de me perdre dans ma tête est une simple excuse qui m'empêche de trouver le chemin vers le moyen de m'exprimer par l'écriture. Cette confusion mentale est de toute évidence une forme de procrastination inconsciente. Ne sachant plus quoi choisir comme sujet d'écriture, je me retrouve tout bonnement devant un écran blanc qui ne cesse de m'éblouir et contre duquel j'éprouve une immense antipathie.

Mais si mon écran et ces acolytes me sont à l'occasion de pur ennemi, l'inspiration, elle, demeure toujours ma fidèle complice. Évidemment, je ne file pas le parfait amour avec elle non plus. En effet, lorsque vient le moment où mon inspiration me fournit en matière, tout à coup, on m'appelle: «Mamaaaan», «Chériiiie», «Ouiiiin» ou encore «ding-dong». Bref, on me sort tellement brutalement de cet état créatif si précieux et si rare que même si l'interruption est extrêmement brève, elle suffit à me faire perdre tout mon intérêt à poursuivre mes écrits. Pfff! ma meilleure aliée vient de disparaître subitement!

Suis-je là seule à décrocher aussi facilement et rapidement de mon travail d'écriture et à avoir tout le mal du monde à m'y raccrocher? J'ai le sentiment qu'il faudrait que je m'éclipse quelque part seule au monde pour pouvoir enfin évacuer de ma tête tous ces mots tristement ensevelis par mes préoccupations quotidiennes!

Néanmoins, je suis tenace. J'avance lentement, mais sûrement… j'avance! Je suis la tortue qui traîne sa maisonnée jusqu'à la ligne d'arrivée. Je n'ai pas le temps de me prélasser comme un lièvre qui a l'assurance d'arrivée à ses fins rapidement. Alors j'écris à mon rythme durant les cours laps de temps que j'ai de solitude et je sais que je parviendrai à retrouver mon inspiration au moment venu.

«Rien ne sert de courir, il faut partir à point» nous suggère La Fontaine. Je suis en route et je n'abandonne pas!

Note : Ce billet a été interrompu je ne saurais dire combien de fois. Commencé un soir, poursuivit à quelques reprises des matins et terminé un après-midi… il est l'exemple parfait qu'il m'est difficilement possible d'écrire sans être dérangée.

Partager:Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

2 Commentaires

  1. Salut Nicole,
    L'idéal pour écrire serait de te trouver une pièce à toi toute seule, avec une porte qui se verrouille, sur laquelle tu afficherais une pancarte disant : « Maman écrit : ne pas déranger, S.V.P. » Et écrire.
    D'autres petits trucs :
    Décroche le téléphone, n'ouvre pas quand on sonne à la porte, part écrire dans un café avec ton portable ou un cahier, explique à tes enfants et à ton conjoint qu'écrire, pour toi, c'est vital (donc, s'ils t'aiment, ils feront attention pour ne pas être trop bruyants dans la maison), donne-toi une heure par jour quand tout le monde dort ou est parti…
    En espérant t'avoir aidée un peu.
    Bonne écriture !
    Annie 🙂
     
     

  2. C'est bien gentil pour les trucs Annie,

    je suis en processus de mise en pratique du style que tu proposes. Je tente d'écrire au moins une heure d'affilée par jour. Le temps n'est pas encore bien défini, mais ça se placera bientôt, je l'espère.

    Il faut dire que mes filles n'ont que trois ans et 10 mois donc difficile de faire comprendre qu'on veut un moment à soi. La plus grande comprend un peu, mais elle est dans son «terrible trois» où toutes les décisions aussi petites soient-elles lui appartiennent!

    Mais j'ose croire que je vais pouvoir finir par réaliser mon projet d'écriture.

    Merci encore pour ton commentaire!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *