Twitter service Web de microblogage ou de clavardage?

Il y a déjà quelques temps que je songe à écrire un billet au sujet de l'utilisation de certains médias sociaux, plus particulièrement de l'usage de Twitter. Personnellement, j'ai mon profil sur Twitter depuis l'été 2009 (@nicolefodale) et j'ai donc pu microbloguer et observer aussi bon nombre de comportements auprès de divers utilisateurs se trouvant dans différents secteurs d'activité. La raison pour laquelle je souhaitais écrire ce billet était simplement dans le but de remettre en question le phénomène Twitter, connaître sa raison d'être et les diverses utilisations qui en sont faites actuellement par plusieurs de ses membres.

Mais avant d'aller plus, j'aime bien définir les termes que j'utilise afin d'éviter d'être mal comprise uniquement parce que les mots utilisés ne sont pas interprétés de la même manière par toutes les personnes.

Voici donc trois définitions essentielles à ce billet tirées de quelques sources sur le Web.

Twitter

Twitter est un outil de réseau social et de microblogage qui permet à l’utilisateur d’envoyer gratuitement des messages brefs, appelés tweets (« gazouillis »), par Internet, par messagerie instantanée ou par SMS.

Source : Wikipédia

Microblogue

Blogue qui permet de communiquer en temps réel au moyen de messages courts, de 140 à 200 caractères maximum, par l'intermédiaire du Web, de la messagerie instantanée, ou à partir d'un téléphone mobile, par messagerie texte ou par courriel, afin de partager de l'information ou son activité au quotidien avec ses proches ou une communauté d'internautes, privée ou publique.

Source : Le grand dictionnaire terminologique

Clavardage

Activité permettant à un internaute d'avoir une conversation écrite, interactive et en temps réel avec d'autres internautes, par clavier interposé.

Source : Le grand dictionnaire terminologique

D'autres mots se trouvant dans la suite de ce billet ont également des hyperliens afin de pouvoir lire leur définition.

Les tweets, de la pollution sur Internet

Nous sommes à une époque où l'on se dit «environnementaliste», où l'on veut faire attention à notre chère planète et où l'on déplore tout comportement pouvant nuire à la survie de la terre et donc à notre espèce. L'homme étant ce qu'il est, malheureusement, il réagit souvent trop tard afin de trouver des solutions aux problèmes auxquels il fait face. Certains font l'autruche, d'autres se démènent comme des fous, bref, j'ai souvent l'impression que nos sociétés fonctionnent et réagissent comme des poules sans tête. Au lieu de véritablement réfléchir aux conséquences possibles au moment de poser certains gestes, l'humain semble trop souvent remettre à demain ce qu'il devrait faire aujourd'hui. Ou peut-être ne prend-il juste pas conscience que chacun de ses gestes a un impact sur son avenir.

Ce qui m'amène à me poser la question suivante concernant le sujet du jour : Sommes-nous en train de contaminer notre Toile avec des gazouillis qui font très souvent beaucoup de bruit pour rien?

Afin d'expliquer ce que j'entends par du bruit, je vous cite quelques exemples de micro-messages qui n'ont, selon moi, pas du tout leur raison d'être sur Twitter.

: ))))))))))
Bon matin Tweeple! (et tous ses dérivés)
Ahaha très drôle!
LOL
Je suis fatigué!

Des messages courts de ce type, plus reconnus dans le milieu du clavardage, d'après moi, ne contribuent qu'à une éventuelle pollution du Web. Pourquoi est-ce que j'écris «pollution du Web»? Tout simplement parce que chaque micro-message à sa propre page soit son propre url et que le contenu de chaque tweet est conservé sur Internet. C'est une forme de pollution à laquelle, je crois malheureusement, très peu de gens s'intéressent dans le moment.

Pourquoi ne pas songer immédiatement aux répercussions de ce genre de problématique et non pas au moment où la congestion et la pollution Internet nous sautera aux yeux? Peut-être nous croyons-nous à l'abri de ce genre de problème tout comme nos ancêtres ne croyaient pas empoisonner la planète avec leurs différentes pratiques quotidiennes. N'apprenons-nous pas de nos erreurs ou de celles des autres à travers l'histoire? Est-il possible de sensibiliser les individus au bon usage de certaines applications? Je me questionne sur notre responsabilité en tant que citoyens Web, concernant cet univers qui est maintenant devenu pratiquement indispensable dans nos vie au quotidien pour le travail, le plaisir, les études…

Le slogan de Twitter – What's happening?

Partant de cette éventuelle réalité, si les gens utilisaient chaque médias sociaux selon l'objectif pour lequel il a été créé, il y aurait, d'après moi, moins de risques possibles d'acquérir des comportements inappropriés et d'adopter de mauvaises habitudes difficiles à corriger par la suite.

De plus, avec ces conversations superficielles sur Twitter, on se trouve à être très loin du slogan original What are you doing? (Que faites-vous?), ou maintenant du nouveau slogan What's happening? (Quoi de neuf?). Je ne dis pas qu'occasionnellement, il ne soit pas possible de converser avec une ou des personnes sur un sujet en particulier. Mais encore faut-il, d'après moi, savoir écrire de manière à ce que le micro-message ait le plus de sens possible s'il est lu de manière isolée. D'ailleurs, Twitter permet de communiquer de façon plus personnelle avec des messages qui peuvent être envoyés directement à la personne concernée, pourquoi ne pas utiliser cette option?

Twitter : microblogue ou webchat?

Parfois j'ai l'impression en regardant mon Tweetdeck, (et j'écris bien ici «en regardant» et non pas «en lisant») de me retrouver 15 ans en arrière, à l'époque où je clavardais dans les fameuses webchats. Les quelques internautes, dans ce temps là, avaient pour la plupart des pseudonymes parce que personne n'osait alors s'identifier personnellement et ils clavardaient donc au sujet de tout et de rien sans avoir peur d'être démasqués.

Aujourd'hui, la situation est légèrement différente concernant l'identité des gens sur le Web. Actuellement une bonne partie des gazouilleurs ne craignent pas d'afficher leur vrai nom puisqu'on leur signifie (les experts des médias sociaux) qu'il est important d'avoir une identité sur le Web afin d'avoir un contrôle sur son image et sa réputation. Ce dont je suis tout à fait d'accord, il importe d'avoir un minimum de contrôle et une bonne représentation de soi aussi sur Internet.

Services de communication en ligne

Revenons au sujet principal du billet, tel que mentionné précédemment, je constate que très souvent les messages publiés sur Twitter sont des échanges de conversation au même titre que les gens échangeaient dans les années 90 sur les webchats. Personnellement, j'ai un peu de mal avec cet usage puisqu'aujourd'hui, nous ne sommes pas en manque d'outils, de serivces et d'application Web permettant de communiquer en clavardant avec des amis et des connaissances. Pour n'en nommer que quelques-uns, Skype, MSN Messenger, Google Talk, et même encore ICQ sont des petites applications pour communiquer par audio, vidéo ou par message instantané qui font très bien l'affaire pour des conversations en ligne.

Ceux qui prétendent que l'étendu du réseau est plus vaste sur Twitter puisque certains ont 1000 abonnés et/ou abonnements, et que les autres services ne permettent pas nécessairement cette abondance de contact. je l'accorde. C'est effectivement une belle façon de faire des découvertes et de se faire découvrir. Mais généralement, dans un réseau de contact, les gens clavardent avec quelques-uns d'entre eux qui se trouvent à être dans leur groupe de personnes plus rapprochées. Bref, je ne m'étendrai pas sur le sujets des abonnés et abonnements parce que c'est un tout autre volet sur lequel je pourrais écrire longuement.

Je me questionne d'un point de vue social et relationnel, la nécessité de faire de Twitter un webchat vient-elle du fait qu'il est possible d'écrire ses états d'âmes et espérer avoir une réponse parmi les innombrables suiveux (abonnés) que l'on a dans son réseau? Est-ce parce que la plupart, ne savent pas quoi publier comme message et donc supposent que d'échanger des «LOL» et des sourires peut être une activité intéressante pour entretenir des liens avec ses contacts?

Ces messages ne contribuent-ils pas au fait que plusieurs désapprouvent l'utilisation de Twitter en mentionnant que cet outil Web est absurde et improductif, bref, qu'il est une véritable perte de temps! J'avoue adhérer effectivement à cette affirmation lorsque je lis certains tweets. Néanmoins, je me réconcilie avec l'idée que Twitter est un service pertinent puisque tous les membres ne sont pas identiques et qu'il y a de vraies belles découvertes dans les partages d'information et les liens que certains usagers publient.

Le cas de @GuyALepage et de plusieurs autres

Dernièrement, Monsieur Tout le monde en parle (@GuyALePage) a fait son entrée sur Twitter à cause de la présence d'un faux profil qui s'identifiait à son nom. Une mention dans mon réseau a été faite par @NicolasRoberge qui indiquait à l'équipe de Tout le monde en parle (@off_TLMEP) que l'animateur devrait agir afin de protéger son identité. Ce qui a été visiblement fait. Michelle Blanc aurait eu une conversation avec M. Lepage au sujet de l'importance de sa présence sur Twitter et du phénomène d'usurpation d'identité par un faux profil.

N'ayant pas connaissance du contenu de la conversation, je tiens à mentionner que je ne porte aucun jugement sur ce qui a été dit. Toutefois, je constate simplement en suivant les gazouillis de M. Guy A Lepage qu'il n'est peut-être pas bien informé au sujet de Twitter et de la bonne gestion de son identité numérique via cet outil Web. Il me paraît un bel exemple de l'inutilité d'avoir une présence sur Twitter si ce n'est que pour échanger des mots par-ci par-là sans véritable fondement. Il existe toujours le téléphone, le courriel, les applications de messageries instantanées pour pouvoir, faire des bonhommes sourires et envoyer des bons mots ou faire des blagues aux gens que l'on suit.

Honnêtement, je suis peut-être dans l'erreur, mais je ne vois pas vraiment en quoi être sur Twitter et écrire des micro-messages du type clavardage puisse d'une manière quelconque être favorable à son identité. Il n'est pas le seul Twitteur comme je l'ai écrit plus haut à agir de la sorte. J'ai nettement l'impression que certaines personnes utilisent le Web comme il y a 15 ans, en plus d'être fait avec légèreté et ignorance. En effet, d'après moi, la méconnaissance des divers médias sociaux est un phénomène symptomatique de nos sociétés modernes qui ont accès à beaucoup de nouveautés technologiques sans finalement trop savoir quoi en faire. De toute évidence, de nombreux Twitteur utilisent ce service Web uniquement parce que c'est à la mode.

Les outils technologiques se transforment

Finalement, je me demande si nous pouvons dire que nous savons gérer notre image et notre réputation lorsque l'usage que nous faisons d'un média social est tout autre que ce à quoi il a été créé véritablement? Je sais bien que l'appropriation des diverses technologies fait en sorte que ces dernières changent et évoluent et que, par conséquent, l'utilisation initiale d'un service peut céder sa place à un nouvel usage. Toutefois, personnellement, je trouve que la beauté de Twitter est bien représentée par leur slogan : Partagez et découvrez ce qui se passe en ce moment, partout dans le monde.

Peut-être est-ce parce que je suis depuis trop longtemps branchée sur Internet que je trouve le clavardage plus souvent qu'autrement ennuyeux et archaïque. Peut-être dois-je être plus tolérante et permettre à ceux qui viennent de sortir de leur grotte de découvrir le monde numérique et ses multiples merveilles, même si je considère parfois qu'ils les malmènent. Peut-être suis-je une citoyenne Web trop sensible et je ne devrais pas me préoccuper autant de l'avenir de cet univers que je fréquente depuis plus de 15 ans.

Vous qu'en pensez-vous? Mes questionnements à ce sujet ont-ils leur raison d'être? Suis-je trop sévère avec ces néophytes numériques que je considère souvent mal informés?

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6 Comments

  1. Bonjour
    je voudrais porter à votre attention des utilisations créatives de twitter:
    Twittérature : Arjun Basu, gagnant d'un Shorty Awards, outwipo (voir site http://www.netvibes.com/outwipo#OUTWIPO), TwittLitt, juste3mots, pierrepaulpleau…
    Twittart : 140Artist (entre autres!)
    :)

  2. Felix Antoine

    Très bonne réflexion… J'appuie tout argument concernant le micro-blablabla qui devient d'après moi, maladif chez certain.
    Sans jeter de pierre à Michelle Blanc qui s'est toujours démarquée sur la Toile au QC, je crois qu'il serait facile d'associer ce phénomène à une certaine dépendance. Michelle Blanc y a les deux pieds cimentés et s'y sent fort à son aise. Cependant, telle une «preacher» de bonnes nouvelles… Elle encense le phénomène, le vante, en mange et en redemande. C'est son addiction. Faut juste comprendre que ce qui est une chose agréable pour certain, n'est peut-être pas «nécessaire» pour le reste de l'humanité, même avec un millier de commentaires élogieux.
    De plus, faut pas oublier que Michelle Blanc rimait avec «Second Life» y’a pas si longtemps. Pourtant…
    À quoi ressemble la vie de personnes envoyant AUTANT de messages ?
    On sort du cinéma, on tweet.
    On est au resto, sa compagne se va au toilette, on tweet.
    On est à l’hôpital en attendant un verdict, on tweet.
    On vient de voir un accident, on tweet.

    Tweeter et la cigarette. Deux époques…

  3. @MissJi : Merci pour m'avoir fait découvrir @ArjunBasu qui fait un usage particulier de Twitter.

    @Felix Antoine : Personnellement, le fait que certains écrivent tout ce qu'ils font continuellement, ça me perturbe moins parce qu'ils en sont restés au vieux slogan de Twitter qui était Que faites-vous?

    C'est vraiment l'aspect de clavardage qui, je trouve, crée une confusion dans les micro-messages qui défilent et qui ne font pas sens en soi.

    Si quelqu'un veut publier chacun de ses faits et gestes, c'est son choix. Selon moi, ce phénomène représente bien cette nécessite que plusieurs individus ont de vouloir être le centre de l'attention, ou disons qu'ils usent d'une forme d'exhibitionnisme pour retenir l'attention voire qu'ils recherchent une forme d'affection ou de sympathie. Encore une fois libre à chacun de s'exposer comme bon lui semble. Après tout s'il y a des exhibitionnistes, il y a aussi des voyeuristes parmi les Twitteurs! 😉 Il faut de tout pour faire un monde!

    Personnellement, si j’ai des messages concernant ce que je vis parfois dans mon quotidien, j’utilise Facebook puisqu’il s’agit pour moi d’un réseau de contact plus restreint et un peu plus personnel!

  4. Pingback: uberVU - social comments

  5. Pierre-Paul Pleau

    Micro blabla. Évidemment ! Mais parfois ça prend du temps. 37 minutes pour rédiger mon dernier gazouillis.
    « Quand j'eus compris que ton œil était un amphithéâtre, j'interrompis toute pratique discursive pour m'atteler à ton projet d'air et d'abîme. »

    J'éprouve du plaisir à prendre mon temps dans Twitter. Je twitte lentement, je suis un twitteur du dimanche qui twitte en amateur. Parfois, j'obtiens du solide que je veux partager avec tous ceux et celles que la twittérature intrigue et séduit.
    « Flâner le nez au vent n'est pas une lubie de girouette. C’est ma façon d'être pénétré de ton parfum bien avant que nos corps ne se touchent. »

    Et tout ça, en 140 caractères pile.

    PPP

  6. Intéressant. D'ailleurs, j'ai suivi la soirée d'élection partielle sur Twitter lundi soir. Ça me rappelait effectivement des soirées de clavardage organisées par Radio-Canada dans les années 90. Et presque plus difficile à suivre.
    Je suis un abonné relativement récent de Twitter. De la manière que je l'utilise, je me demande surtout si une bonne utilisation des fils RSS (ce que je ne fais pas du tout) ne serait pas plus intéressante.

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