Les Rescapés ne s’en sortent pas indemne

Dommage. Vraiment dommage. J'ai peu de temps libre pour moi, et quand je dis «libre» ça ne signifie jamais que je suis complètement délivrée de mes responsabilités quotidiennes, parce que je finis toujours par avoir un enfant dans les bras. Mais disons que le soir, généralement, je peux avoir un semblant de liberté et ainsi relaxer en regardant la télévision. Sur cette pensée, les séries télévisées ne sont-elles pas faites pour nous divertir? C'est-à-dire nous permettre de nous distraire de notre quotidien et partir à l'aventure avec des personnages qui nous touchent en vivant une histoire qui nous intrigue. Et bien, j'ai l'impression d'avoir perdu deux heures de mon précieux temps.

Je suis déçue, déçue de moi-même. J'ai commis encore la même erreur, j'avais des attentes concernant la série Les Rescapés.

Et que j'aurais donc pas dû!

L'idée des voyages dans le temps c'est du déjà vu, mais ça demeure toujours intéressant. Le concept de base n'est donc pas mauvais en soit, c'est le traitement que l'on en fait qui lui permet d'avoir un certain succès.

En premier lieu, je dirais que les deux premières émissions de la série sont juste un peu trop lentes. Toutefois, le rythme peut être à la rigueur une question de goût. Bien que dans ce cas-ci, j'ai peur que le vif du sujet ne soit peut-être pas assez épicé et qu'il faille donc étirer la sauce pour en faire plusieurs émissions. Quoiqu'il en soit, ce n'est pas le rythme qui me déçoit, c'est davantage le scénario.

Je vais m'en tenir à quelques règles qu'il faut idéalement respecter lorsqu'on écrit un scénario. Je n'invente rien, je me fie à une recette existante à laquelle on peut apporter des variations mais dont il est fortement suggéré de suivre rigoureusement les ingrédients de base pour bien réussir le tout. Alors je vais reprendre quelques points se trouvant dans ce billet Comment écrire un bon scénario par Robert McKee afin d'expliquer ce qui m'a déplu jusqu'à maintenant dans cette série.

Lutter vigoureusement contre les clichés

Exposés depuis de nombreuses années maintenant à diverses histoires de fiction soit à la télévision ou dans les livres, les téléspectateurs ont, malgré eux, une capacité de reconnaître certains «patterns». Il faut donc surprendre le spectateur en changeant les comportements typiques de certains personnages. On a l'habitude très souvent de faire en sorte qu'un personnage cache une information et la garde pour lui seul. JE – N'EN – PEUX – PLUS! Pourquoi ne pas sortir du modèle et obliger un personnage à poser un geste que l'on ne s'attendrait plus à voir tellement on rentre dans le moule du mutisme et de la cachoterie pour créer une soi-disant intrigue. Pour moi, quand c'est trop prévisible malheureusement ça devient ennuyeux.

Se rappeler que le public est plus intelligent que nous

Bon ce n'est pas le cas de tous les téléspectateurs mais disons qu'en général les gens ont un gros bon sens et une logique assez développés. Par conséquent, il ne faut pas faire poser aux personnages des gestes absurdes ou que l'on ne ferait pas dans notre réalité. Ça ne peut que causer l'envie de leur lancer des tomates pourries! Moi, mes tomates, je les aurais bien balancées à la policière Gina McRae, qui va rendre visite à son père atteint d'Alzheimer pour obtenir peut-être des informations sur un homme qui a agressé son coéquipier et dont elle connaît le nom. Il me semble qu'en 2010, avec les archives que la police possède et même juste avec l'Internet on peut trouver beaucoup plus de réponses à nos questions plutôt que de consulter un vieil homme malade. On a peut-être voulu placer les personnages et leur situation personnelle, néanmoins, à mon humble avis, ça n'était pas judicieux.

Ne pas substituer le fond à la forme

Je qualifie que de parler pour ne rien dire, entre dans la catégorie du superflu et démontre un besoin implacable de meubler le temps. Sans compter que l'on retrouve aussi dans certains dialogues une forme de redondance dans le contenu de l'histoire. Ce que le téléspectateur sait déjà, ne nécessite pas le besoin d'être exprimé par les personnages ultérieurement, à moins que ça ne soit véritablement nécessaire. Donc le passage du frère Charles et de la soeur Jeanne qui partagent leur tristesse sur ce qui est resté dans le passé, selon moi, ça n'apporte rien d'intéressant. Ensuite, l'échange entre les deux policiers concernant la selle de vélo et les testicules à problème… mmmh je souhaite que ce passage soit véritablement pertinent dans un prochain épisode, autrement c'était inutile.

Cela dit, faire rire les téléspectateurs avec des petits blagues ici et là, d'après moi, ce n'est pas suffisant pour soutenir le scénario d'une série. Pour cette raison, même si certains passages peuvent parvenir à nous arracher un sourire, l'intrigue actuellement ne nous maintient pas assez en haleine pour que l'on puisse se contenter de quelques scènes bien réalisées.

Enfin, il s'agit sans doute d'une question de point de vue. Peut-être suis-je trop critique et qu'il m'est impossible de regarder une série vraiment avec légèreté sans observer tous les menus détails et les incohérences. Néanmoins, je me rends compte que ce dont j'ai le plus horreur, c'est qu'on veuille me faire languir, et qu'en revanche on finisse plutôt par me faire décrocher.

Dommage. Vraiment dommage. J'aurais bien voulu que mon mardi soir soit mon instant d'évasion de la semaine!

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